Roger Mbede, symbole de la lutte contre l’homesexualité au Cameroun décèdé

cameroun

Une tragédie pour les défenseurs des droits humains. L’homme accusé de délit d’homosexualité par les tribunaux de justice du Cameroun s’est éteint. Bafoué, épuisé, accablé par le poids du combat judiciaire et de l’opprobre sociale. Quels sont les raisons d’un tel mépris et d’une telle intolérance à l’endroit des homesexuels au Cameroun? Car si l’histoire de Roger a été médiatisée, faisant de lui à la fois un martyr et le symbole de la lutte pour les droits des homosexuels au Cameroun, nombreux sont ceux qui continuent a vivre dans les ténèbres en raison de leur orientation sexuelle.

Les faits entourant la descente aux enfers de Roger débutent en 2011 avec un SMS amoureux envoyé à un autre homme. Les poursuites judiciaires sont ensuite entamées contre lui et se concluent par une peine d’emprisonnement de 3 ans, confirmée en appel. Bénéficiant d’une liberté provisoire, Roger s’enfuit de la capitale, Yaoundé où il est sujet à de nombreuses menaces. Depuis, il vivait cacher «dans un village, chez une vieille femme».

Le recours judiciaire contre Roger est possible en raison du code pénal camerounais qui stipule à son article 247 bis que: «Est punie d’un emprisonnement de six mois à cinq ans et d’une amende de 20 000 à 200 000 francs (CFA) toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe».

En plus du code pénal qui contrevient aux principes fondamentaux du droit de la personne, il faut ajouter des conditions déplorables de détention et d’obtention de preuves des accusés. En effet, le rapport de l’ONG Human Right’s Watch sur la condition des homosexuels au Cameroun relève les actes de tortures et de mauvais traitements auxquels sont soumis les détenus par les forces de police. Les vices de procédures dans ces affaires sont courant. Les accusations de «flagrant délit» d’homosexualité sont basées sur des preuves fragiles (échanges de textos, suspicions, pièges, saisies abusives). L’exemple de l’homme accusé en raison de possession de préservatifs et lubrifiants est très édifiant sur l’illégalité des accusations.

Pourquoi un tel rejet des homosexuels au Cameroun? Les raisons sont multiples, et nous ne prétendons pas toutes les expliciter ici. Cependant, quelques unes ont saisies notre attention et méritent d’être mise en lumière.

1. L’approche religieuse et culturelle: Les sociétés africaines sont, de manière générale, caractérisées par leur attachement aux traditions, aux croyances religieuses et culturelles. Les institutions religieuses et/ou ethniques sont très influentes de telle sorte qu’elles forment la norme,  le «bien et le mal», l’acceptable et l’intolérable. Le mariage est une institution sacrée, religieuse, qui célèbre l’humanité et la procréation. Ainsi, l’homosexualité se présente comme une perversion de l’esprit et du corps, fondamentalement nuisible à la pérennité de la société.

2. L’approche politique et sociale: Le rapport des sexes et leur rôle pré-défini dans la société est également une raison expliquant l’intolérance des pratiques homosexuels. En effet, la société camerounaise est patriarcale, basée sur la domination de l’homme. Les pratiques homosexuelles entrainent une confusion des rôles attribuée aux genres, une déstabilisation de ce qui est exclusivement «masculin» et  «féminin», du comportement que chacun d’eux doit avoir entre eux, mais également envers la société.

Sources: Jeunafrique, HRW, TheGuardian

Aïssatou Dosso

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