Wangari Maathai : symbole de la lutte paysanne africaine

Luttes paysannes et Afrique ne semble pas être une association de mots(maux) communément représentée dans les médias ou présente dans l’imaginaire collectif global.
Si des paysan-ne-s sont bien présent-es sur le continent, elles et ils ne sont rien d’autres qu’inefficaces, dépossédé-es, résigné-es subissant fatalement tantôt les sécheresses, tantôt les pluies dévastatrices, attendant les multiples aides venues du pays blanc. Voici l’image des paysan-nes africain-es que nous donne – au mieux – nos petits écrans et avec désolation nos propres esprits.
Ces derniers et leurs luttes quotidiennes sont les grands oubliés. Noyés dans le politique, l’ethnique et l’économique. Et pourtant, ces femmes, ces hommes et les luttes portées sont bien réelles. Souvent aux fondements mêmes des conflits politico-économico-ethnique qui secouent le continent depuis les indépendances.
Prenez la Côte d’Ivoire, par exemple. Au cœur de la question identitaire, qui a fait couler tant de sang, se trouve celle de la terre. La terre comme condition sine qua none de l’identité nationale, par le droit du sang ou du sol qu’elle confère. Le conflit du foncier ivoirien continue à être la source de guéguerres d’une déconcertante violence, opposant autochtones et allochtones, dans l’Ouest du pays. Et que dire des récentes violences en Casamance ?
Et la lutte silencée et bâillonnée des pygmées du RD Congo ? Une poursuite judiciaire a été intentée par ce peuple gardien des forêts d’Afrique centrale depuis 2008. Connue sous appellation Peuples autochtones pygmées du Parc Kahuzi-Biega c. RDC l’affaire a été introduite en Cours Suprême. Objet de la plainte : land grabbing ou l’accaparement des terres des populations pygmées, sans consultation et sans avis, pour des fins d’agribusiness.
We need to promote development that does not destroy iur environment
La lutte contre accaparement des terres, notre héroïne du jour en a fait son affaire. Luttant, à son corps défendant, contre cette spoliation des terres paysan-nes, cette injustice qui ne porte pas son nom, cette ingratitude envers celles et ceux qui nourrissent le continent. En effet, l’agriculture à petite échelle et familiale (portée majoritairement par les femmes) contribue à 30% du PIB de l’Afrique subsaharienne, compte pour 40% de ses exportations et produisent pas moins de 80% des aliments du continent (FAO).
Mais qu’arrivent-ils lorsque les terres sont saisies des mains vertes des paysan-nes pour être soumis aux fourches géantes, violentes et pesticide-vores de l’agribusiness internationale ou aux dynamites des mines ?
Quoi : En 2010, c’est 3,7 millions hectares de terres à Madagascar, 3,2 millions en Ethiopie, 2,8 millions entres autres pays, qui sont vendues, concédées sur une longue période, expropriés.
Par : 1) la Chine, qui détient 4,5 millions d’hectares de terres arables; 2) les États-Unis, 3,2 millions d’hectares ; 3) La Malaisie et la Grande-Bretagne 2.5 millions chacune, 4) la Corée du Sud (bien sûr) 2.3 millions d’hectares et 5) l’Arabie Saoudites 2.1 millions d’hectares (BM, 2010).
Pour :
  • L’Arabie Saoudite cultive du riz destiné à l’exportation vers le Royaume au Sénégal
  • La Chine produit du Maïs au Bénin qui est ensuite exportée en Chine
  • En Guinée, c’est une firme américaine qui cultive du soja et du maïs pour produire du bio-carburant
La liste est longue, et s’allonge proportionnellement à l’indignation. D’autant plus que parallèlement, sur les mêmes terres :
  • Dans la région du Diffa, au Niger, 340 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire depuis 2016
  • Dans la corne de l’Afrique, c’est 13.6 millions de personnes qui subissent les effets des pénuries alimentaires liées aux changements climatiques
  • L’année passée, la famine en Somalie avait suscité une mobilisation virale sans précédent
  • 3 paysans tués par la police malienne et dans le monde c’est 903 activistes environnementales qui ont été tué-es de 2003-2013 (Global Witness, Deadly Environnment 2013)
Nul besoin d’étendre le propos, car les chiffres et la réalité sont plus parlants.
Afrique qui meurt de faim ? Afrique qui s’affame pour nourrir les autres ?
En ce jour, entendons la Via Campesina, à savoir la voix des paysan-nes, et réfléchissons sur cette voie paysan-nes qui montrant celle de l’utilisation responsable des ressources et traçant celle du développement durable. Reconnaissons leur labeur silencieux qui nous nourri.
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