Affaire du viol collectif à New Delhi: le mineur condamné à 3 ans de prison

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La sentence est tombée. Le jeune homme responsable du viol et de la mort de la jeune femme âgée de 23 ans incombe de trois ans de prison. Une sentence jugée trop clémente selon la famille de la victime, pour qui l’argument de la minorité du coupable est non recevable devant la gravité des faits. Âgé de 17 ans, celui-ci sera incarcéré dans un centre spécialisé qui vise a rééduqué plutôt qu’à punir.

Les faits se sont déroulés le 16 décembre 2012. La jeune femme, victime d’un viol collectif de six hommes dans un bus à New Delhi, succombe de ses blessures 13 jours plus tard dans un hôpital de Singapour. Événement tragique qui réveille la conscience collective sur la violence faite aux femmes et le mutisme des autorités politiques et judiciaire face à ce fléau social.

Pourquoi une telle violence à l’égard des femmes en Inde?

L’Inde fait partie des sociétés où la condition des femmes est alarmante. Mariage forcé, traite des mineures et des femmes, crimes sexuels sont autant de catastrophes longtemps restées impuni pour plusieurs raisons.

La vision stéréotypée des sexes est bouleversée par les évolutions diverses que connait l’Inde. Les femmes sont de plus en plus présentes et visibles. Une présence fondamentale à l’émergence et au développement du pays. Mais une visibilité qui les rend accessibles et vulnérables. Au quotidien, ces femmes émancipées et éduquées combattent les difficultés et essuient les humiliations liées à leur sexe. Elles sont confrontées à ces hommes frustrés qui réduisent la femme à sa fonction reproductrice; une femme est une épouse ou mère, autrement c’est un bien collectif.

Les institutions politiques indiennes fondamentalement patriarcales peinent a réagir et a mené une lutte sans merci contre les crimes sexuels. L’impunité qui découle du silence coupable des autorités est à la base des récidives chez les agresseurs. Dossiers classés sans suite, négligences policière, mépris judiciaire, corruption et j’en passe. Autant de défaillances des autorités publiques qui dissuadent les victimes de porter plainte et encouragent les violeurs à perpétrer leurs crimes, à tel point que les statistiques sur les crimes sexuels en Inde sont très peu fidèles à la réalité.

La lutte contre l’impunité passe nécessairement par la promotion et la protection des droits des femmes. La fermeté de la justice et de la police à l’égard des crimes sexuels peut constituer un dissuasif aux actes criminels. La présence des femmes au niveau des postes de décision (parlement, institutions judiciaire et politique) permettrait d’inscrire les besoins spécifiques des femmes à l’ordre du jour. La réforme de l’éducation nationale dans le sens de l’intégration des changements sociétaux peut constituer un outil intéressant pour sensibiliser les plus jeunes au respect de la dignité des femmes.

Aissatou Dosso

Sources: Courrier International, The GuardianUK.

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