Le Mali en convalescence

Au sortie de la crise qui a ébranlée tant le tissu social malien que les institutions politiques du pays, les enjeux pour le nouveau gouvernement sont de taille. Quels sont les défis qui attendent le Mali post-crise?

Le prochain gouvernement malien à des enjeux multidimensionnel. En même temps qu’il faudra relever le défi de la mondialisation et du développement dans lequel s’inscrit la plupart des pays africains, le Président malien devra s’attaquer aux problématiques sécuritaire, institutionnels, politiques, économiques et sociales.

 Les enjeux politiques et institutionnels

Les problèmes de mal gouvernance et de corruption que connait le Mali depuis son indépendance sont dramatiquement remis à l’ordre du jour par la crise que connait le pays. Malgré des élections qui se sont passer dans un climat calme et apaisé, les institutions politique sont frappées d’un déficit de légitimité. Il convient de rétablir la confiance entre les citoyens et le corps politique. Les élections législatives et municipales seront alors une étape importante pour installer un État de droit nécessaire au rétablissement cette confiance perdue.

 La réconciliation et la justice (sécurité)

La réconciliation et la justice sont deux fondements essentiels de la sortie de crise. Elles nécessitent d’une part un travail de transparence, afin d’identifier les atteintes aux droits de l’homme commis lors des hostilités, et d’autre part, la recherche d’un dialogue et d’une réconciliation nationale à travers la mise en place d’une justice forte et indépendante.

Au niveau de la transparence et de la vérité, une commission Dialogue et Réconciliation a été crée en mars dernier. Cet organe a pour but de mettre en lumière les exactions commises lors des hostilités, afin de jeter les assises d’un dialogue menant à la réparation des victimes et du tissu social. Il convient toutefois de mettre en oeuvre les efforts nécessaires à la participation active des différentes factions de la société. En effet, la réconciliation est vouée à l’échec si elle exclut les femmes et les touaregs du processus transitionnel.

Les questions de sécurité et de justice sont d’une importance capitale puisqu’elle sous-tendent la pérennité même de l’État, notamment dans un climat politique fragil. Le désarmement des groupes rebelles doit représenter une priorité non seulement pour assurer un climat économique propice à la croissance mais surtout pour la sécurité des personnes.

 Le redressement économique et le pouvoir d’achat

 Le développement économique est un chantier particulièrement vaste au Mali. La crise politico-militaire a aggravé le niveau de vie déjà précaire de la population. Occupant la 182e place sur l’échelle d’indice de développement humain, les besoins essentiels restent largement insatisfaits. Les préoccupations premières des habitants (riz, mil, électricité, eau) doivent constituer une priorité pour le gouvernement. Par ailleurs, il faudra s’attaquer à la réinsertion économique des ex-combattants. L’insertion par le travail peut constituer un dissuasif aux tentations de résistance. La lutte contre le chômage notamment des jeunes est également un point sur lequel des progrès sont attendus.

Aissatou Dosso

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