Les Somaliennes ont du talent !

Elles sont d’excellentes ambassadrices pour toutes celles et ceux qui réduisent la Somalie à la pauvreté, au chaos et aux al chababs. En somme, à un no man’s land, territoire hostile, lointain et moyen-âgeux, une véritable catastrophe à la périphérie de la marche du monde et de l’histoire.

La Somalie, ses femmes et homme, sa diaspora, ont bien plus à s’offrir et à offrir au monde.

  1. Warsan Shire : Poétesse

Warsan ShireHOME :

no one leaves home unless
home is the mouth of a shark
you only run for the border
when you see the whole city running as well

your neighbors running faster than you
breath bloody in their throats
the boy you went to school with
who kissed you dizzy behind the old tin factory
is holding a gun bigger than his body
you only leave home
when home won’t let you stay.

(suite)

Poignant. Que dire de plus.

2. Sherihan Hersi aka Cherrie : Rappeuse

Véritable icône en Suède depuis 2015, Cherrie est une rappeuse suédo-somalienne portant fièrement son origine tout en étant fortement intégrée à cette néo-culture suédoise; multiculturelle et arc-en-ciel.

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“I always felt like racism was more institutionalised here like in the workplace and school” Cherrie (Buzzfeed)

 

Afropéene et third-culture kid, Cherrie chante son parcours à la fois teinté de racisme systémique, de ghettoisation et de résilience.

“I definitely see myself as a third culture kid or cross-culture kid. I was born in Norway, moved to Finland, then to Sweden, and then to London and then back again.”

 

 

3. Halima Aden : Dé-cliché

 

 

Lorsqu’on voit Halima Aden, on voit une beauté, une fraîcheur, un top modèle et non ce carré de tissu sur sa tête. Ce qu’on voit moins ou pas du tout, s’est l’enfant née dans un camp de réfugié Kenyan, l’activiste qui bouscule les préjugés, les identités complexes et multiples. 20 ans et déjà toute une icône pour la jeune génération.

4. Ilhan Omar : Pionnière 

Ilhan Omar

Ce n’est pas l’Amérique misogyne et raciste de Trump qui empêchera cette femme douée de changer la narrative entourant les immigrants africains et musulmans.

De la Somalie aux parties démocrates. Aujourd’hui élue à la chambre des représentants du Minnesota. Avec elle, le concept d’intersectionnalité – femme, immigrante, africaine, musulmane – aux pays du Muslim Ban (interdiction des musulmans) prend tout son sens. Tout un symbole.

Ces femmes somaliennes battantes, pionnières, défiants les conventions et le statut quo. Mais, cela ne date pas d’aujourd’hui. Retour vers le futur :

5. Ebla Awad – Araweelo : Souveraine

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Certainement l’une des premières femmes-souveraines de l’histoire de l’humanité, la reine Ebla est comme ces demi-déesses greco-romaine ou pharaonique. Bien avant l’avènement des divines beauté Iman, Yasmin Warsame, Waris Dirie, elle trôna sur la Somalie d’une main de fer dans un gant de velour.

Dans l’imaginaire collectif, elle est protéiformes. À la fois héroïque et mystique. « Mère dévoreuse » sanguinaire pour certains, féministe-visionnaire instaurant le matriarcat pour d’autres. Son personnage s’est depuis mué en une légende effrayante racontée aux enfants. La légende noire dit qu’elle aurait soumis, castré, pendu les hommes, qu’elle tenait alors coupable des conflits tribaux incessants, mais aussi, péripétie précipitant sa colère, de misogynie et de machisme.

Aujourd’hui, les parents transmette cette histoire ‘effrayante’, censée mettre en garde les unes sur la peur que suscite une femme au pouvoir – anti-féminité – et les autres (garçons) sur le danger que représente une femme en position de pouvoir – anti-masculinisme. La femme dominatrice non séductrice.

Pour plusieurs jeunes femmes, le personnage de la reine Araweelo est un symbole libérateur de la lutte pour l’égalité, un idéal-type de femme intelligente, battante et belle; on dirait aujourd’hui un role model.

(Constatons ici l’importance du rôle de la représentation)

Enfin, il faut dire que toutes ces femmes à la féminité assumée, aux talents manifestes et à l’influence grandissante sont comme un pied-de-nez, un uppercut, un bisou posé délicatement sur les joues livides de ceux qui font de la Somalie une anomalie.

 

CHIRE Amina Saïd et NDAGANO Biringanine. Traversées, histoires et mythes de Djibouti. Revue de l’Université de Djibouti

 

 

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