Repats’ Series #1: Maria Chalhoub, Abidjanaise et incorrigible optimiste

Elles sont diplômées des universités occidentales, ont des opportunités d’emploi dans les plus grandes capitales, mais c’est dans leurs pays natales qu’elles décident de déposer leurs valises. Fini le rêve européen ou américain, le “african dream” attire de plus en plus de jeunes attirés par les économies fleurissantes et la douceur des villes africaines. D’Abidjan, à Cotonou, en passant par Dakar et Nouakchott, les portraits que nous partagerons retracent la trajectoire des repats (diminutif de repatrier, par opposition a expatriés).

 

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Née à Abidjan, dans le quartier de Marcory, Maria Chalhoub, 25 ans nous partage son parcours de retour dans sa ville natale. Cette jeune femme fait sa scolarité entre le Lycée Jean Mermoz et le Liban où nombre d’ivoiriens ont dû partir durant les années de crises. Malgré son identité multiple : libanaise par son origine familiale, ivoirienne de naissance et de cœur, et française  par sa culture et son éducation, Maria est une locale d’Abidjan. C’est là qu’elle se sent le plus chez elle et où elle a décidé d’entreprendre tous ses projets. Issue d’une famille très ancrée en Côte d’Ivoire, il n’a jamais été question pour Maria de quitter Abidjan hormis pour poursuivre son cheminement académique.

IMG_0726

Diplômée des Jésuites au Liban en sciences économiques puis d’un double master en Management entre l’ESCP Europe et l’École supérieure des affaires à Beyrouth, Maria est promise à une brillante carrière. Les opportunités d’emploi à Dubai et à Paris ouvraient une voie bien tracée dans ce sens. Pourtant, six mois après sa graduation, c’est à Abidjan, dans le quartier des affaires qu’elle pose ses bagages. Bien avant son retour, c’est en créant Les incorrigibles optimistes, une entreprise d’évènementiel et de communication, que Maria entrevoit la nécessité de diffuser une vision alternative de son pays et de l’Afrique. Loin de s’intéresser à la niche convoitée, les bobos et les chocos, c’est à dire les expatriés et la classe supérieure, Les incorrigibles s’intéressent aux ivoiriens dans leur entièreté. Il s’agit de l’humour populaire, les expressions, les blagues, les symboles, les anecdotes qu’on peut entendre près des garbadromes,  allocodromes et maquis. Bref, l’art accessible à tous, loin des galeries froide et aseptisée.  “La création artistique doit être démocratiser en Côte d’Ivoire, de sorte que les ivoiriens se rendent compte de leur potentiel de créativité. C’est un peuple très riche en culture locales et urbaine. Le nouchi aujourd’hui dépasse les frontières ivoiriennes, et c’est notre identité en elle-même qui est créative et éclatée. Elle dépasse le folklore et de l’essentialisme diffusé par les médias internationaux.” Nous dit Maria.

IMG_9887

Les Incorrigibles font des événements et aussi des cartes postales. Une ligne de papeterie est en cours et est quant à elle vouée à l’international. Exporter l’humour ivoirien au delà des frontières africaines ; Comme une manière de montrer la joie et la personnalité des ivoiriens. Comme un petit souvenir d’ici a emmener la bas.

 

Le choix du retour : Le champ infini du possible?

 

En juillet prochain, Maria ouvre une franchise de cafés – chocolaterie à Abidjan, dans les quartiers très fréquentés de la Riviera et Marcory. La première du genre dans le pays pourtant premier exportateur de cacao. En effet, c’est par la Côte d’Ivoire que la multinationale DIPNDIP souhaite débuter sa conquête du marché africain sub-saharien. À 25 ans, Maria se trouve alors propulsée à gérer cette franchise, tout en travaillant dans l’entreprise familiale en assurance et en développant les activités des Incorrigibles. La restauration est un domaine qui m’intéresse beaucoup et ce concept est particulièrement intéressant car il n’y a que peu de « sucré » à Abidjan. Plusieurs pâtisseries fines fleurissent, offrant mets succulents et ambiances intéressantes. Les concepts de déco et design sont de plus en plus diversifiés et l’esthétique prend depuis une place de choix chez le consommateur ivoirien. 

Processed with VSCO with g3 preset

 

“La Côte d’Ivoire est entrée dans un cycle positif, où tout le monde s’encourage vers la rigueur et le raffinement, où tout le monde tend à faire de belle choses et à tirer le pays vers le haut. Le pays est un diamant brut, qui est à nous, et il nous appartient à tous, ivoiriens de l’étranger et ivoiriens d’ici, de le tailler. Tout son potentiel est devant nous et nous devons travailler pour le développer. Maintenant c’est ici que le monde se tourne, pour plusieurs raisons : pour ses richesses, son marché encore vierge et ses habitants solidaires et accueillants.”

 

 

Un style de vie des plus agréable

 »  Les activités ne manquent pas : activités sportives et plein air, expositions, galeries et événements culturelles. Sans parler de la vie nocturne abidjanaise qui est reconnue mondialement. « 

Le choix du retour n’est pas simplement motivé par des raisons économiques. Le retour chez soi signifie aussi l’accès à un certain confort. Le pays bouillonne d’activités et d’événements de tous genre. Les embouteillages c’est le quotidien et la ville est très grande. Alors il est très difficile de se transporter en journée et en semaine. Par contre à partir de jeudi la ville se transforme. Les activités ne manquent pas : activités sportives et plein air, expositions, galeries et événements culturelle. Sans parler de la vie nocturne abidjanaise qui est reconnue mondialement. Il y a aussi Assinie, la plage, la capacité de déconnecter du rythme un peu effréné de la ville et d’admirer les belles plages que nous offre la côte ivoirienne. Nous essayons d’y aller moins souvent pour mieux profiter de ce que la ville a à nous offrir. Bien que les activités économiques soient concentrées à Abidjan, de plus en plus de jeunes vont à la découverte de l’intérieur du pays.

À l’intérieur du pays, San Pédro, Monogaga offre de magnifiques plage, Bouaké, Les alentours du fleuve N’ZI, Khorogo ou même Ferkéssedougou sont des endroits à explorer. De plus en plus de concepts intéressants comme l’éco-ferme ouvrent également, l’agriculture bio est un privilège ailleurs mais c’est monnaie courante en Côte d’Ivoire.”

Processed with VSCO with f2 preset

 

3 ans après le retour : le reality check

 

Maria dit ne rien regretter de sa vie parisienne. L’environnement stimulant et le foisonnement cultuel et économique d’Abidjan comblent les plus sceptiques. Motivés par ces transformations auxquelles elles souhaitent apporter leurs pierres, les repats se lancent dans l’entreprenariat. Véritable levier d’un développement durable et local. Pourtant, se lancer dans l’entreprenariat est un chemin semé d’embuches en Côte d’Ivoire. L’inaccessibilité des informations de base se dresse en véritable frein. Les freins de l’entreprenariat, Maria en a pris connaissance:” Sans conteste, la lourdeur du système administratif. Il y a une institution qui s’appelle le CEPICI, centrale pour avoir toutes les informations pour l’ouverture de son entreprise mais ce n’est pas suffisant. Il n’y a pas assez d’incubateur et d’accompagnement dans la création de son entreprise. C’est encore désorganiser et on déploie beaucoup d’effort à obtenir de simples papiers, et informations. Les sites institutionnels passent progressivement au numérique mais il reste très difficile d’obtenir des détails sur internet : à qui s’adresser, ou aller, comment procéder.”

Processed with VSCOcam with f2 preset

L’Afrique est un diamant brute, et c’est a nous, Ivoirien de l’étranger et Ivoirien  d’ici, tous ensemble, de le tailler”

C’est le nouveaux monde pour les richesses, pour ses opportunités, pour ses habitants

Quant à l’Afrique en trois mots, Maria l’a décrit comme étant généreuse, optimiste, et réelle.

Publicités

Un commentaire

Commentez, Partagez, Aimez !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s