L’émergence à l’horizon 2020?

Après plus d’une cinquantaine d’années passer dans les starting-blocks a attendre. Attendre que le feux vert du développement et de l’émergence nous soit donner. Un coup de sifflet, et ils s’y mettent tous, dans une unanimité et une harmonie méconnues de nos politiciens. L’émergence à l’horizon 2020 est-elle raisonnable pour l’Afrique subsaharienne? Quels sont ses défis? Quels sont ses avantages? Si la question surgit actuellement, dans une Afrique plus consciente de ses potentialités et de ses faiblesses, c’est que l’état de l’économie mondiale est favorable à la croissance de ses marchés. Lorsqu’on assiste a une des crises les plus sévères que l’Europe et le monde occidental connait, il est étonnant que les pays africains soient épargnés de cette déferlante vague dépressive. Plusieurs faits choquent par leur imprévisibilité. Les autorités portugaises qui préconisent l’émigration de sa jeunesse vers les ex-colonies telles que l’Angola ou le Brésil pour contrer les chiffres désastreux du chômage. Les immigrés espagnols qui franchissent la ligne de mire méditerranéenne pour trouver espoir au Sud, en terre marocaine.

La situation socio-économique de l’Afrique subsaharienne?

Tout d’abord, ces pays se sont positionnés, depuis leur accession à l’indépendance, comme exportateurs de matières premières. Ce sont les choix économiques que les « pères fondateurs » ont effectués afin de participer au commerce international. Si ces choix se sont avérés peu efficaces c’est qu’ils ont échoués à assurer la survie de ces pays dans une arène économique mondiale ultra-compétitive pour plusieurs raisons:

1- Un terme de l’échange inégale. Premièrement, le choix d’une économie basée sur les rentes agricoles impose un terme de l’échange fondamentalement inégalitaire. En effet, ceux qui exportent ces produits de matière première importent des produits finis qui coûtent plus chers. Ainsi, tant et aussi longtemps que les pays exportateurs de matière 1ères ne s’industrialisent pas, ils ne pourront compétitionnés avec les produits dérivés qui nécéssitent une main d’oeuvre plus qualifiés ainsi que des installations plus couteuses. L’industrialisation est une étape cruciale dans le développement économique des pays cibles. En effet, elle permet une diversification de l’économie qui tend à la rendre moins vulnérable aux chocs mondiaux extérieurs. La courbe ci-dessous est tout à fait édifiante en la matière. Il faut noter la divergence des courbes des produits manufacturiers et des produits agricoles.

produits agricoles(source: FAO http://www.fao.org/docrep/003/X7352F/x7352f01.htm)

2- le libéralisation des marchés: plusieurs pays africains ont optés pour la libéralisation de leur marché de matière première comme c’est le cas pour le secteur du cacao en Côte d’Ivoire. En 1960, l’année de l’indépendance, la Côte d’Ivoire a vu la mise en place de la Caistab (Caisse de stabilisation et de soutien des prix des productions agricoles). Cet organisme avait pour mandat de maintenir la fixation des prix et le contrôle des exportations par les administrations publiques du pays. En 1999, le démantèlement de la Caistab promu par le FMI et la Banque mondial dans le cadre du processus de libéralisation entraine une volatilité des prix, soumis aux conditions du marché mondial. Les prix sont maintenant fixés par les bourses de New York et de Londres. Cette situation est tout à fait inappropriée à une économie comme celle là qui amorce son développement et ne possède pas les armes nécessaires pour être compétitive au niveau mondial. Il s’ensuit des situations désastreuses en termes de droits de l’homme. Le travail des enfants dans les plantations de cacao est un exemple de l’incidence des faibles prix du cacao. Afin de réduire les coûts de productions, les petits producteurs ont recours aux services de mineurs dont la faible rémunération leur permet de produire plus à faible coût. Or, il faut noter que la Côte d’Ivoire est le premier producteur de cacao au monde (40% des exportations mondiales qui représentent 15% de son PIB), suivi du Ghana. Plusieurs réformes ont été mis en place depuis 2011 afin de garantir un prix minimum de vente pour les producteurs de cacao.

prix cacao Londres

(Source: Jeuneafrique http://economie.jeuneafrique.com/entreprises/entreprises/agro-industrie/19350-cacao-la-crainte-dune-penurie-resurgit.html)

3- La monnaie: L’arrimage du franc CFA au franc, puis à l’euro pose plusieurs problèmes. Il y a la question de la souveraineté réelle des pays de la zone qui est remis en question à travers son absence de contrôle de sa monnaie. C’est un long débat qui sera pas expliciter dans cette analyse. Nous nous concentrons sur les effets économiques d’une telle situation. Car en effet, l’arrimage du CFA à l’euro entraine une fixation du taux de change laissant aucune liberté à l’État en terme de contrôle de sa monnaie. Contrairement aux payx de la zone franc, le Nigéria et le Ghana qui connaissent aujourd’hui une croissance des plus remarquable en Afrique de l’Ouest, détiennent leur propre monnaie. Cette faculté leur permet ainsi de jouer avec leur taux de change afin de s’ajuster à la conjoncture économique. Les résultats sont assez significatifs. Ces deux pays représentent aujourd’hui les économies les plus avancées de la région.

Comaparaison AO

(Source: jeuneafrique économie)

4- Le défi environnemental: Il est important à souligner l’ampleur de l’impact de l’exploitation forestière sur l’équilibre environnemental. La surexploitation du bois a considérablement réduit la qualité et la quantité du produit, remettant en cause la compétitivité de la Côte d’Ivoire en la matière et notamment les ressources importantes qu’elle en tirait. La forêt naturelle ne couvre plus que 4 millions d’hectares, soit 10% du territoire, alors qu’elle était de 12 millions d’hectare en 1960 et de 16 millions en 1900.

5- Le marché intérieur ou le défi de la classe moyenne: l’accroissement du marché intérieur est finalement un point essentiel dans la démarche d’émergence des pays concernés. S’inscrivant au coeur de la dynamique demande, offre, croissance, la classe moyenne est porteuse de mutations socio-économique indispensable à l’industrialisation de nos sociétés. Le Nigeria offre un exemple de marché intérieur particulièrement dynamique qui suscite l’intérêt des investissements étrangers. Au delà du potentiel économique de ce groupe social, c’est aussi son poids socio-politique qui est important. Elle permet la constitution d’une véritable société civile, consciente de son rôle de contre-pouvoir a jouer dans l’arène politique nationale.

Aïssatou Dosso

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